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Le printemps: cultiver les souvenirs

Mine de rien, malgré la neige qui est tombée ces derniers temps, malgré le froid des derniers jours, le printemps arrive! Pour moi, le printemps, c’est la plus belle des saisons! D’abord, elle représente la vie, le renouveau, les arbres fleuris, la bonne odeur de la terre qui dégèle… Ça me rappelle tellement de souvenirs!

Un de mes plaisirs d’avoir une maison, c’est d’avoir de l’espace pour faire pousser des légumes et des fleurs avec les enfants. Quand j’entends les oiseaux chanter et la neige glisser du toit, ça me ravigote et ça me donne le goût de commencer mes semis!

Je suis une fille de la campagne. Ça ne parait pas toujours quand on me rencontre pour la première fois (ou peut-être que si et que je me raconte des histoires). D’autant que je me rappelle, j’ai toujours voulu déménager en ville. Malgré ça, force est de constater que lorsque le printemps arrive, il y a un peu de la « fille de campagne » qui ressort. Mon niveau d’excitation est à son top quand je peux enfin planter des fleurs annuelles dans mes platebandes!

Le jardinage, créateur de souvenirs

Pour moi, le jardinage est synonyme de moments heureux. Des moments de mon enfance qui sont à jamais imprimés dans ma mémoire.

Passer du temps avec mes parents à planter le potager. Passer des après-midis avec ma grand-mère à sentir les pivoines. Ramasser discrètement des petites fraises des champs dans le terrain de mon oncle, en faisant bien attention de ne pas me faire prendre par ma mère. Un peu plus tard dans la saison, cueillir des framboises avec mon grand-père et passer derrière lui pour ramasser celles qu’il avait oubliées parce qu’il était daltonien. M’enorgueillir de fierté en en mangeant autant que je mettais dans mon bol. Grimper dans le pommier de mes grands-parents pour aller chercher les plus grosses pommes. Ou me dépêcher à aller manger les plus belles carottes avant que mes parents aillent les récolter.

Ces petits moments de bonheur innocent qui sont associés directement à notre petite vie tranquille à la campagne, je veux en transporter chez nous.

L’an dernier, on a installé un jardin sur la terrasse. Avec mon coco de 5 ans, on a planté des semis dans la maison et on les a transplanté dans le jardin. Régulièrement, on est allé l’arroser ensemble, puis ça a été sa responsabilité. Je me rappelle qu’un soir où on n’avait pas eu le temps d’aller faire un tour au jardin avant le dodo, je suis sortie seule quand les enfants se sont endormis et j’ai vu que les premiers pois étaient prêts. Fébrile, je suis allé chercher mon bonhomme dans son lit. Nous sommes sortis ensemble sur la pointe des pieds pour aller cueillir ces premiers légumes frais dans son jardin et nous les avons mangé tranquillement assis dehors.

Je sais que ça l’a marqué, il en a reparlé.

Prendre le temps de planter les semis

L’an dernier, nous avons planté quelques semis dans la maison. C’était très excitant pour notre grand de voir les petites pousses apparaitre. Il avait des millions de questions sur ce qui se passait. Je dois être honnête avec vous, plusieurs sont mortes parce qu’on les avait plantées trop tôt et je les ai subtilement remplacées par de beaux petits plants en santé achetés en magasin.

Mon fils n’y a vu que du feu!

Le principe était qu’il voit toutes les étapes du développement d’une plante. Il a tellement aimé ça qu’il a voulu qu’on conserve des pépins de tous les fruits qu’il a mangé depuis… Il était curieux de voir quel genre de plante allait pousser à partir des noyaux et des graines qu’il trouvait dans ses aliments. Pour ça aussi il a fallu que je sois subtile dans mon intervention. J’ai dû les faire tomber « par inadvertance » dans la poubelle. Sans ça, on n’aurait pas eu assez d’un acre pour planter tout ce qu’il voulait qu’on sème.

Apprendre la valeur du temps

Ce qui est magique avec le jardinage, c’est que tout n’est pas instantané. Notre ainé a tendance à vouloir que tout aille vite. Il s’ennuie facilement. C’est assez typique des plus récentes générations, mais ça va aussi avec la douance.

Les fèves et les concombres ne poussent pas au même rythme. Mais même si les fèves sont beaucoup plus rapides, on doit quand même leur laisser la chance de fleurir et de grandir avant de pouvoir les manger. On doit apprendre à attendre. Le temps prend donc toute son importance quand on jardine. Il faut être patient.

Entretenir doucement et délicatement, et espérer que toutes les conditions soient là pour que les légumes poussent bien.

Et cette année encore…

Cette année encore, j’attends avec fébrilité le printemps, qui se pointe à nos porte.

J’attends que le temps se réchauffe doucement à en faire éclore les bourgeons pour enfin planter quelques graines dans la salle à diner. Recommencer à faire germer les souvenirs dans la tête de mon grand et peut-être dans celle de ses frères. Qui sait? Cette année, nous serons peut-être 4 à aller dehors à la brunante pour cueillir les premiers pois. Déguster en famille toute la saveur de la patience et de l’effort.

Et vous? Le printemps? Ça vous dit quoi?

Karine Guy

Maman de trois jeunes garçon, Karine est la reine de la maison de sa famille atypique et parfaite. Écrire est pour elle un moyen de cheminer à travers la résilience et l’adaptation. Elle croit que de nommer les choses est un moyen puissant pour sensibiliser à la différence, mais aussi pour grandir.

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