Taille du problème - Social Thinking
Douance

Outil pratique pour aider l’enfant à évaluer un problème

Notre ainé est doué. Lorsque nous avons remarqué ses difficultés d’autocontrôle, nous avons tenté de trouver des solutions et de mettre des moyens en place. J’ai utilisé plusieurs techniques avec lui. J’ai testé la méditation jusqu’au coloriage en passant par l’exercice. J’ai aussi retiré les livres de sa chambre pour qu’il dorme mieux. De fil en aiguille, nous avons commencé à utiliser des techniques proposées par Social Thinking. Celle que je veux partager aujourd’hui permet d’établir la taille du problème. Je parlerai des autres dans de futurs billets.

Bien sûr, certaines choses l’ont aidées. Bien que ce soit des outils précieux, ça reste qu’il doit apprendre de lui-même à s’arrêter pour analyser la situation. Il doit voir si le problème auquel il fait face vaut l’énergie qu’il y consacre. L’outil dont je veux parler aujourd’hui permet à l’enfant de développer sa compétence à évaluer si sa réaction est exagérée ou correcte.

Social Thinking

D’abord, à la base, Social Thinking est une compagnie américaine qui a été fondée et pensée par une orthophoniste. Les outils qu’elle a conçus visaient à aider à développer des compétences sociales chez les jeunes, particulièrement chez les enfants vivant avec un TSA, mais plusieurs autres défis qui pouvaient engendrer des difficultés dans les interactions avec les autres.

Plusieurs livres, jeux et curriculums ont été développés et sont disponibles, en anglais seulement, sur le site de Social Thinking. Plusieurs outils tirés des programmes sont également disponibles un peu partout sur le web. Ils sont particulièrement facile à trouver sur Pinterest.

Notre découverte du programme

Je suis entrée en contact avec ce matériel grâce à une maman que j’ai rencontrée. Elle voulait aider son fils à développer ses compétences sociales et son autocontrôle. Lui et mon ainé étaient des meilleurs amis à la garderie et ont plusieurs points en commun. Même s’ils ne fréquentent pas la même école primaire, nous avons gardé contact. Ils aiment beaucoup avoir des rencontres ensemble. Ils s’entendent bien tous les deux. Donc cette maman a contacté une orthophoniste qui lui a parlé du programme. Elle a aussi fait des démarche pour que l’orthophoniste décortique le curriculum et monte des activités pour son fils sur le sujet. J’ai décidé que ce serait bénéfique à mon grand de se joindre à ces rencontres. Il a donc participé à une dizaine de cours en lien avec le curriculum qu’on retrouve dans le livre The Zones of Regulation.

Dans les prochains mois, nous poursuivront les rencontres pour mettre en pratique ce qui a été vu pendant la session d’automne. Le plus difficile est d’entrer le vocabulaire du programme dans le quotidien. Avant que ça devienne partie prenante de la routine familiale, c’est plutôt long. Par contre, j’ai vu des beaux progrès depuis l’automne. Je ne sais pas ce qui est lié à la maturité, au programme en tant que tel ou aux autres moyens mis en place, mais c’est vraiment intéressant de voir mon fils avoir de meilleures interactions avec ses pairs cette année par rapport à l’an dernier.

La taille du problème

Bien sûr, comme ce sont des curriculums et des outils qui sont proposés, il est possible d’adapter le rythme et l’ordre en fonction des besoins et de l’enfant. Nous avons commencé par utiliser un visuel pour analyser la taille du problème. Les crises de mon garçon étaient de plus en plus nombreuses et intenses pendant sa maternelle. Je voulais l’aider à relativiser les choses.

Quand je parle de comportement « attendu », ce n’est pas nécessairement qu’on encourage ce genre de comportement-là, mais plutôt que c’est un comportement qu’on pourrait s’attendre à recevoir dans de telles circonstances. Une crise parce que le verre de lait est bleu au lieu de rouge n’est pas un comportement attendu. Une crise si l’enfant déboule l’escalier et se casse quelque chose est plus facile à comprendre, même si on aimerait mieux qu’il reste calme pour ne pas aggraver la blessure.

Énorme problème (Urgence)

C’est un problème qui demande l’implication de ressources extérieures à la situation. Même les parents ou l’enseignante ne peuvent pas gérer un tel problème. Il faut un spécialiste, ou une équipe d’urgence. Les urgences comme les incendies ou les accidents de voitures, les noyades, les personnes inconscientes entrent dans cette catégorie. Les réactions qui sont « attendues » dans un tel événement peuvent être de la panique, une crise, des pleurs, de l’agitation ou de la peur. Bien sûr, idéalement, il faut appeler le 911, avant de paniquer, mais c’est une situation dramatique qui peut engendrer ce genre de comportement-là. Ce n’est pas un problème qui a une solution simple et rapide.

Gros problème

C’est un problème qui demande l’aide d’un adulte présent. Il peut impliquer une blessure, de l’intimidation, ou toute autre situation qui peut prendre un certain temps à résoudre et qui est difficile à gérer. Les réactions « attendues » peuvent être la peur, la tristesse, l’agitation ou une crise, même si c’est mieux de prendre le temps d’expliquer calmement la situation à un adulte avec des mots clairs pour que ça se règle plus rapidement.

Problème moyen

C’est un problème qui demande encore l’aide d’un adulte présent. Il peut impliquer une blessure mineure, un objet brisé qui pourrait causer un accident (exemple : verre cassé), ou toute autre situation qui ne peut pas être réglée seul. Ça pourrait aussi être le résultat d’une situation où on a dû se placer en équipe avec quelqu’un avec qui on ne veut pas travailler ou le fait d’avoir été mis en conséquence. Les réactions « attendues » sont l’agitation, la tristesse, la déception ou la peur. C’est une situation qui peut être rapidement réglée si elle est expliquée calmement à un adulte.

Petit problème

C’est un problème qui peut se régler seul ou en discutant avec un adulte ou même un ami. C’est un problème simple qui peut être réglé rapidement. Le genre de situations qui peuvent entrer dans cette catégorie sont : ne pas être le premier dans la ligne, devoir attendre son tour, qu’il n’y ait plus de raisins alors qu’on voulait en manger, etc. Les émotions « attendues » dans ce genre de circonstances sont de se sentir inconfortable, la déception.

Pas de problème

Bien sûr, comme toute bonne échelle, il doit aussi y avoir le niveau 0. Dans ce genre de situation où tout va bien. L’enfant devrait se sentir détendu, heureux, bien. Il ne devrait pas avoir de demande particulière ni avoir d’inconfort.

Taille du problème

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Outil visuel pour aider à intégrer les concepts

À la maison, j’ai d’abord pris une feuille. Nous avons discuté de la taille des problèmes, nous avons ensuite convenu de certains exemples qu’on pourrait mettre dans chacune des catégories et deux ou 3 comportements « attendus ». J’ai ensuite mis ces idées au propre à l’ordinateur et imprimé le visuel. Mon fils a ensuite repris la feuille, relu les exemples et ajouté un dessin d’un personnage vivant des émotions liées à chaque catégorie de problème (triste, en colère, frustré, déçu, … selon la catégorie de problème et l’intensité). J’ai finalement plastifié la feuille et je l’ai affichée bien en vue dans la maison. Quand une situation se présente où mon fils a une réaction plus intense que nécessaire, je réfère à la feuille pour l’aider à se situer dans l’échelle. Plus on réfère souvent, plus l’intégration se fait rapidement, d’où l’importance de mettre le visuel dans un endroit stratégique.

J’ai préparé un résumé des différentes catégories de problème et mis ça sous forme de tableau. Il est possible de le télécharger en cliquant ici.

Est-ce que vous discutez parfois de la taille des problèmes avec vos enfants? Est-ce que c’est quelque chose que vous pensez mettre en pratique avec eux?

Zones of regulation - Taille du problème - Outil gratuit pour apprendre à l'enfant à évaluer plus facilement la taille d'un problème

  • J’ai payé pour le livre Zones of Regulation et les rencontres avec l’orthophoniste. Je n’ai pas d’affiliation pour ce produit. Ce n’est pas un billet commandité, mais bien une expérience personnelle.

Pour lire mes autres billets sur Zones of regulation (incluant des outils gratuits)

Karine Guy

Maman de trois jeunes garçon, Karine est la reine de la maison de sa famille atypique et parfaite. Écrire est pour elle un moyen de cheminer à travers la résilience et l’adaptation. Elle croit que de nommer les choses est un moyen puissant pour sensibiliser à la différence, mais aussi pour grandir.

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