Famille Vie de maman

Le petit dernier…

J’ai beau me le dire et me le redire, j’ai de la difficulté à réaliser que mon dernier aura un an. Et pourtant, on en est déjà rendu là.

Avoir des enfants, c’est un privilège. C’est aussi toute une aventure. Toutes ne vivent pas le processus de la même façon.

J’ai trois enfants, j’ai été enceinte 6 fois. Un an après avoir mis au monde le petit dernier, je sais que c’est terminé. C’est clair dans ma tête que, pour moi, il n’y en aura pas d’autre après lui .

Le premier

Quand notre premier est né, je pensais déjà au deuxième.

Malgré le fait qu’il soit né par césarienne, il n’avait pas encore un mois que je me demandais quand on allait pouvoir recommencer.

Il était un bébé facile, je me disais que même si le deuxième était un peu plus demandant, j’y arriverais bien.

J’ai écouté les conseils de mon médecin et attendu qu’il ait 9 mois, mais tout de suite, je suis tombée enceinte. Les deux cocos allaient avoir 18 mois d’écart. C’était fou, mais c’était vraiment ce que je voulais.

Puis, à 6 semaines et demie de grossesse, ça s’est terminé. J’avais l’impression que c’était ma vie qui s’en allait. Mon côté rationnel était capable de comprendre que c’était très tôt et que si l’embryon n’avait pas tenu, c’est que cet enfant n’était pas prêt pour ce monde.

J’ai été dévastée.

J’ai attendu que mon corps soit prêt et deux mois plus tard, j’étais à nouveau enceinte. Celui-là a tenu le coup, mais dans mon cœur, cette grossesse-là était bien différente. Il n’y avait plus autant d’excitation, parce qu’il y avait cette crainte que ça ne dure pas. C’est étonnant comment une grossesse de 6 semaines a pu modifier ma façon de voir la petite vie qui prenait place en moi. Comment la perte de ce petit être que je n’ai jamais connu a pu influencer le rapport que j’avais avec le locataire de mes entrailles. Mais il est resté là et est arrivé avec une surprise!

Le deuxième

Malgré les difficultés que nous avons vécues suite au diagnostic de ce petit bonhomme, j’ai vraiment aimé avoir deux enfants si proches en âge. Ils ont 21 mois d’écart. J’ai trouvé ça parfait.

Je me disais que le fait qu’ils soient si proche, le plus vieux allait pouvoir stimuler son petit frère. Que ça avait vraiment du positif pour les deux. Qu’ils allaient être complices. Et je ne me trompaient pas. Ils s’aiment ces deux-là! Et combien de fois mon plus grand m’a aidé avec la stimulation de son jeune frère!

Quand on nous demandais si on en voulait un autre, je répondais oui, sans trop d’hésitation. J’ajoutais habituellement qu’on allait attendre que notre coco ait au moins un an, pour voir comment ça se passait.

Puis notre deuxième a eu un an.

Le moment était arrivé « d’essayer » pour un troisième, mais je ne me sentais pas tout à fait prête. Nous avons attendu qu’il ait 15 mois et qu’il soit sevré pour planifier une troisième venue.

Au cours de ces 15 mois, je dois dire que j’ai senti le désir d’avoir un autre enfant comme je l’avais senti après mon premier. À l’occasion, je sentais des coups de pieds fantôme dans mon abdomen. C’était aussi étrange que déconcertant. Mais pour moi, c’était un indice clair que mon cœur et mon corps n’étaient pas prêts à s’arrêter à deux.

Le deuil

Après quelques mois d’essais, j’ai finalement vu apparaitre les deux lignes sur le test de grossesse. C’était un test précoce. Deux jours plus tard, j’ai eu des saignements avant la date prévue de mes menstruations. Je n’ai même pas pris la peine d’aller voir le médecin. Ma logique était que si je n’avais pas pris le test avant le temps, je n’aurais même pas su qu’il était positif. J’ai donc vécu ma peine seule.

Mon cerveau essayait de se rassurer en se disant que c’était quelque chose de normal et qu’on avait été chanceux que je tombe enceinte rapidement aux autres grossesse. Une femme à la fin trentaine a quand même environ 1 chance sur 3 de faire une fausse couche. Rationnellement, je n’étais pas un cas d’exception. J’en étais même pas à ma première, étais-ce normal d’être aussi désemparée?

Il a fallu quelques mois supplémentaires pour que je vois à nouveau apparaitre deux petites barres roses.

Visite à l’hôpital

Cette fois-là, j’avais été plus « prudente » et j’avais attendu après la date prévue de mes règles pour passer mon test. Malgré tout, une petite semaine plus tard, j’ai eu des saignements. Je suis donc allée à la clinique. Le médecin, peu délicat, m’a demandé si c’était vraiment ce que je voulais avoir un troisième enfant « à mon âge ». J’avais 38 ans. Il m’a dit que si j’avais encore des saignements le lendemain, de me présenter à l’urgence avec un petit papier qu’il m’a remis. Je suis donc allée à l’hôpital le lendemain, sans trop d’espoir.

J’ai attendu 5 heures. Quand le médecin m’a vue, une jeune femme, elle m’a demandé comment j’avais pu savoir si tôt que j’étais enceinte. « Est-ce que c’était voulu? » Euh… oui. Ça faisait déjà 10 mois qu’on essayait. C’était clairement voulu. C’était quoi cette question?

J’ai eu une échographie et des tests sanguins, qui ont confirmé que je n’étais plus enceinte.

C’était ma troisième fausse couche et ça me rendait encore aussi triste. Je crois qu’on ne s’y habitue jamais.

Mon corps ses secrets

Après un an d’essais infructueux, je suis allée voir mon médecin de famille, qui m’a prescrit des tests sanguins et des échographies, pour voir si tout était « normal » avec mon système reproducteur et mes hormones. Quand les résultats son rentrés, rien ne semblait expliquer cette difficulté à tomber enceinte et à le rester. On ne pouvait qu’espérer que ça fonctionne la prochaine fois.

Au cours de ces longs mois, je commençais à douter que notre plan était le bon. Ma tête ne savait plus si mon cœur avait raison de vouloir partager mon amour une autre fois.

Le dernier

Finalement, je suis tombée enceinte de numéro 3. C’était le début de l’été. On venait de prendre la décision que je serais en année sabbatique. J’aurais dû sauter de joie, être fébrile, pleurer de soulagement, mais non. J’avais toujours en tête que c’était possible que ce ne soit pas encore notre tour. Finalement, les premiers mois ont passé, j’ai commencé à croire qu’il s’accrocherait pour vrai celui-là. Et j’ai commencé à avoir peur… Mon anxiété était vraiment difficile à vivre, pour tout le monde.

Quand il est né, j’ai eu peine à me visualiser être vraiment la mère d’un troisième coco. Je me suis demandée (oh combien souvent!) si on avait bien fait de « s’acharner » autant. Oh oui! Il était bien voulu cet enfant. Nous l’avions désiré, nous l’aimions déjà. Mais est-ce que c’était trop? Nous avions mis plus d’un an à le concevoir. Est-ce qu’il y avait un message que j’aurais dû entendre et pour lequel j’avais fait la sourde oreille? Ce doute-là m’a poursuivie quelques mois.

Il a un an notre petit bout d’homme. C’est un bébé souriant et actif, mais qui ne fait pas ses nuits. Il est attaché à sa maman et dort beaucoup mieux dans le lit avec moi que dans son propre lit. Notre coco n’est pas ce que je pourrais appeler un enfant facile, mais quand on est ailleurs, il est le bébé parfait.

Il s’est retourné du dos au ventre tôt, a dit « maman » à 10 mois, en même temps il s’est levé avec appui. Tout pour venir m’accrocher le cœur.

Depuis qu’il est né, je n’ai pas senti de coups fantôme, je n’ai pas eu le désir d’avoir un autre enfant. Surement que les émotions que j’ai vécues pendant et après ma grossesse ne sont pas étrangères à ce sentiment.

Je suis la maman d’une tribu bien spéciale. Et cet enfant sera mon dernier.

Un an!

Si c’était à recommencer, malgré les difficultés, les émotions à fleur de peau et tout ça, je recommencerais la même chose. Je suis heureuse que lui et notre deuxième aient 3 ans d’écart. C’est l’écart parfait pour eux. La vie fait bien les choses.

Je suis heureuse d’avoir eu un troisième petit bout de nous. Il est si attachant. Il nous montre un autre côté de notre fils #2, un côté plus mature, qu’on n’aurait jamais pu observer s’il était resté le dernier. Ça nous permet de laisser plus de place aux deux autres, pour qu’ils s’épanouissent. Ça m’a permis de prendre un peu plus de temps pour moi, aussi étrange que ça puisse paraitre. Ce congé prolongé m’aura permis de redonner un sens différent à ma vie.

Un an que ce petit coquin a transformé notre quotidien, mais tellement de changements positifs au final. Si je compare la maman que j’étais l’an dernier à celle que je suis maintenant, c’est comme si des années lumières séparaient ces deux femmes tant elles sont différentes.

Oui! Cet enfant est bien le dernier. Mais il est porteur d’un vent de changement dans notre maison atypique et pour ça, je ne peux qu’en être heureuse.

Un an déjà que je partage mon amour de maman avec trois petits humains.

Bon anniversaire mon lapin! Merci d’être là!

Votre chemin vers la maternité a-t-il été celui que vous croyiez? 

Karine Guy

Maman de trois jeunes garçon, Karine est la reine de la maison de sa famille atypique et parfaite. Écrire est pour elle un moyen de cheminer à travers la résilience et l’adaptation. Elle croit que de nommer les choses est un moyen puissant pour sensibiliser à la différence, mais aussi pour grandir.

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