L'anxiété et le stress, comme la dépression et la déprime peuvent être des maladies très abstraites pour ceux qui ne vivent pas avec ça. Et si on prenait le temps d'écouter vraiment l'autre? #anxiété #stress #dépression #déprime #tabous #maladiementale #santémentale #écouterlautre #outilsgratuits #aidemémoires
Anxiété

« Who doesn’t? » – Expliquer l’anxiété à l’autre

J’étais dehors avec les gars, comme des milliers de mères dans le monde par un bel après midi de printemps. Mes fils jouaient dans la rue. Les voisins sont arrivés. Leur fils connait un des miens, ils vont à la même garderie. Ils ont commencé à jouer ensemble. La maman était près de moi, on a commencé à jaser. Le garçon arrivait de chez le dentiste. Je lui demande qui ils vont voir. On jase un peu. On a le même dentiste. Au fil de la conversation, je dis qu’avant, on en avait une autre, qu’elle était extraordinaire, mais qu’avec mon anxiété, j’avais fait le choix d’arrêter d’aller la voir. Conduire pour m’y rendre faisait monter mon anxiété.

La maman me répond : « Who doesn’t? Who doesn’t have anxiety driving in the city, right? »

J’ai arrêté la conversation là. Je ne savais plus quoi dire.

Mon ressenti

J’avais l’impression d’avoir dit quelque chose de trop, pourtant, c’était anodin. J’ai de l’anxiété comme d’autres ont des migraines. Ça part, ça revient, ça fait mal, ça se traite. Mais tout le monde n’a pas de migraine. Comme tout le monde n’a pas d’anxiété. Oui, on peut avoir un mal de tête sans avoir de migraine, comme on peut être stressé sans vivre avec l’anxiété. Ce sont des choses différentes. Je n’allais pas commencer à lui expliquer tout ça dans le milieu de la rue avec les enfants qui jouaient, ce n’était ni la place, ni le moment. Mais ça m’a dérangée.

Expliquer la dépression

Ça m’a rappelé un autre événement. Je me remettais juste de ma première dépression. On était chez des amis, j’étais restée debout tard pour jaser relax. Le gars disait : « Y’a une fille au travail de ma blonde qui passe son temps à être en congé pour dépression. Elle revient à quelques jours par semaine, puis repart. Me semble que quand tu es déprimé, tu te reprends en main, tu fais de l’exercice, tu mets les moyens en place pour te changer les idées. Ça fait 3-4 mois qu’elle est partie pis qu’elle revient quelques jours pis qu’elle repart sur un autre congé. Ma blonde est débordée, elle se retrouve à faire le travail des deux. »

J’ai bien essayé de lui expliquer. On était dans un contexte où c’était possible de le faire. Mais pour lui, qui n’avait jamais vécu ça, il ne pouvait pas comprendre. Il y a une énorme différence entre une petite déprime qui se guérit en faisant du sport et en allant prendre un café avec des amis et une vraie dépression.

J’ai eu beau lui parler de ma situation, du temps que ça a pris pour que les médicaments fassent effet, pour que la psychothérapie m’aide à m’orienter vers les bonnes pistes pour m’en sortir et tout le reste. Pour lui, c’était trop abstrait pour qu’il puisse être empathique.

Des maladies sournoises

Le jour où on commence à vivre un problème de santé mentale, on ne s’en rend pas toujours compte. C’est vraiment sournois comme maladie. Ça commence comme un petit stress du quotidien. Et ça s’amplifie graduellement. Parfois, tu es trop occupé pour te rendre compte que quelque chose cloche, d’autres fois, tu t’en rends compte, mais tu te dis qu’avec un peu d’exercice et un verre de bière le vendredi ça va passer. Un jour, tu te rends à l’évidence que c’est plus que ça, parce que ça ne part pas. Malgré tes efforts, ça reste là. Et là, il faut que tu te convainques qu’il faut passer à l’autre étape : consulter.

Consulter, c’est une étape vraiment importante, mais c’est aussi une étape taboue.

Mais disons que tu y vas, c’est que tu le sais que tu vas devoir passer à une autre étape : psychothérapie et/ou médication.

Il ne faut pas se cacher que dans un cas de dépression sévère ou d’anxiété généralisée, la médication est vraiment efficace. Prendre la décision de se médicamenter, c’est une chose, mais ça vient avec un engagement. Le contrat est d’un an au minimum. C’est beaucoup si tu penses que c’est juste une mauvaise passe. Alors tu es devant un choix. Attendre ou t’engager?

Un engagement, envers soi!

Si tu choisis de t’engager avec la médication, il y a encore beaucoup de tabous par rapport à ça. Entre tes propres à priori et les jugements des autres, qui pensent que tu te gèles la face et que tes problèmes vont disparaître dès que tu commences à te médicamenter, il faut que tu le fasses.

La première fois que j’ai pris de la médication, j’avais tellement peur. Peur de tout, mais surtout de mes propres préjugés par rapport à ça. Finalement, ça m’a vraiment aidée. Mais ça a quand même pris quelques mois avant de vraiment remonter la pente.

Personne de mon entourage ne savait que j’en prenais, à part mon chum et quelques proches. Mais au moins, je ne faisais plus de crises d’anxiété dans l’autobus en allant au travail. Je me rappelle d’avoir appelé la commission scolaire en pleurs au moins 2 fois pour dire que j’avais besoin de rencontres supplémentaires en suivi psychologique. Je n’allais vraiment pas bien. Mais j’ai continué et je m’en suis sortie. Jusqu’à la prochaine fois.

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Who doesn’t? – Parce que tous ne vivent pas des problèmes de santé mentale

Des petits mots anodins de quelqu’un qui ne voit pas la différence entre le trouble anxieux et les petits stress du quotidien. Ceux de quelqu’un qui croit que c’est simple d’aller chercher de l’aide pour une maladie invisible et sournoise.

C’est si important de voir la différence entre les deux. J’ai donc préparé deux aide-mémoires pour distinguer l’anxiété du stress et la déprime de la dépression. Ces outils contiennent des informations clé, mais ne se substituent pas à l’avis d’un professionnel.

Avez-vous déjà eu à faire face à de l’incompréhension par rapport à la maladie mentale?

Anxiété et stress, comme dépression et déprime peuvent être des maladies très abstraites pour ceux qui ne vivent pas avec ça. Et si on prenait le temps d'écouter vraiment l'autre? #anxiété #stress #dépression #déprime #tabous #maladiementale #santémentale #écouterlautre #outilsgratuits #aidemémoires

Karine Guy

Maman de trois jeunes garçon, Karine est la reine de la maison de sa famille atypique et parfaite. Écrire est pour elle un moyen de cheminer à travers la résilience et l’adaptation. Elle croit que de nommer les choses est un moyen puissant pour sensibiliser à la différence, mais aussi pour grandir.

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