Le Human Design est souvent utilisé pour comprendre notre fonctionnement au quotidien.

Mais il devient encore plus révélateur quand on l’observe à une autre échelle : le leadership.

Parce que la façon dont une personne prend ses décisions ne change pas juste sa vie, elle influence des équipes, des systèmes, même des pays.

Quand on regarde des hommes comme Donald Trump ou Mark Carney à travers la lentille du Human Design, on ne voit pas juste deux styles opposés (parce qu’on pourrait difficilement trouver plus différent dans la façon de prendre action).

On voit aussi deux façons d’exprimer une mécanique similaire : l’autorité émotionnelle.

Leur Plexus Solaire est défini. Leur processus décisionnel est donc profondément influencé par leurs vagues émotionnelles.

Mais ce n’est pas leur seul point commun.

Ils ont tous les deux un canal reliant le Plexus Solaire à la Gorge, et portent une même croix d’incarnation : la croix à angle droit de l’Eden.

Et pourtant, on en est toutes témoins, leur manière de diriger, de communiquer et de prendre des décisions n’a absolument rien de similaire.

C’est exactement ce qu’on va observer ici.

Pas leur charte au complet. Pas toutes les couches non plus. Mais la façon dont leur autorité émotionnelle s’exprime concrètement dans leur leadership.

Le reste (leur croix d’incarnation, leurs autres activations, les planètes, tout ça), on ira le décortiquer une autre fois.

Conditions pour avoir une autorité émotionnelle

Si on revient à la base. Dans une charte de Human Design, il y a 9 centres énergétiques. Un de ceux-là, c’est le Plexus Solaire.

Et c’est un centre qui a un impact beaucoup plus grand qu’on pourrait penser.

C’est un centre moteur. Ça veut dire que les émotions ne font pas juste se ressentir, elles mettent en mouvement. Mais pas de façon stable ou constante. Elles fonctionnent par vagues, avec des montées, des descentes, des moments de clarté apparente, puis plus rien.

C’est aussi un centre de conscience. Tu ne fais pas juste vivre tes émotions, tu captes aussi celles des autres, le climat, l’ambiance, ce fameux “pouls émotionnel” qui est difficile à nommer, mais très présent.

Quand ce centre est défini, l’autorité devient émotionnelle. Donc les décisions ne sont jamais prises dans un espace neutre. Elles sont toujours teintées par ce qui est ressenti dans le moment.

Environ 50% de la population fonctionne comme ça.

Et pourtant, dans un monde de performance et de productivité, on valorise beaucoup les décisions rapides, assumées, prises spontanément.

D’un autre côté, face à des leaders qui changent d’idée rapidement, quand ils ont affirmé leur conviction sur certains sujets, on a tendance à sourciller.

Cette nature cyclique peut apparaître comme un manque de solidité, une vulnérabilité aux manipulations extérieures alors que ça reflète le fonctionnement de l’autorité émotionnelle.

Observer la charte de Mark Carney

Pour les personnes qui ne le connaissent pas, Mark Carney est le premier ministre libéral du Canada depuis le 14 mars 2025.

Son arrivée au pouvoir ne s’est pas faite dans un contexte neutre. Il remplaçait Justin Trudeau (un autre libéral), dans un climat déjà chargé, avec comme principal opposant Pierre Poilievre (un candidat conservateur aux valeurs très alignées à celles de Donald Trump).

Le moment des élections a clairement influencé le résultat, surtout dans un contexte où les dynamiques politiques internationales bougeaient rapidement, notamment avec le retour de Donald Trump à la présidence américaine, ses différentes prises de position sur le Canada et les tensions économiques liées aux tarifs commerciaux.

L’expérience de Carney à la tête de la Banque d’Angleterre et dans le monde des affaires a été perçue, par la population, comme un choix sécuritaire. Une forme de stabilité dans un moment où l’incertitude était déjà présente.

Charte Human Design de Mark Carney

Mark Carney est né à Forth Smith, TNO, le 16 mars 1965 à 7:56 AM. Source: Astrotheme

Une autorité émotionnelle qui passe par le retrait

Quand on regarde sa charte, ce qui ressort rapidement, c’est qu’il est Manifesteur.

Sachant que ça représente environ 8% de la population, c’est quand même peu fréquent de voir ce type énergétique à la tête d’un pays. Le seul autre exemple qui vient souvent en tête, c’est Vladimir Poutine, qui est aussi Manifesteur, mais avec une autorité splénique.

Dans le cas de Carney, il a deux canaux qui relient sa Gorge à un moteur (caractéristique aux Manifesteurs) : le 12-22 (Plexus Solaire) et le 21-45 (Cœur).

Mais si on focusse sur son autorité émotionnelle, c’est le canal 12-22 qui nous intéresse.

C’est ce canal-là qui définit son Plexus Solaire.

Le 12-22 est un canal d’énergie individuelle, une émotion qui n’est pas faite pour être exprimée en continu, ni de façon automatique.

C’est une émotion qui demande du timing.

La porte 12 parle de l’expression des émotions. La porte 22, de la grâce. Donc on n’est pas dans une parole impulsive. La justesse du moment dépend de la façon dont la personne se sent.

Cette dynamique-là pousse naturellement au retrait. Pas pour éviter. Mais pour laisser la vague se clarifier.

Avec le temps, une ligne 6 (voir profil de Carney), ça devient une forme de maturité, une capacité à parler au bon moment. Quand l’émotion soutient réellement ce qui a besoin d’être exprimé.

Et quand tu regardes sa posture publique, ça saute aux yeux.

Les vagues émotionnelles de Donald Trump

Il y a quelques temps, je partageais un billet parlant du profil 1/3 de Donald Trump.

La maturité de ce profil ne se développe pas de la même façon que pour le profil 4/6 (celui de Mark Carney), même s’il y a certaines similitudes.

Quand on regarde sa charte, on voit que le canal 35-36 relie la Gorge au Plexus Solaire, et que le canal 21-45 est aussi présent, comme chez Carney.

Mais il y a une différence importante.

Le centre Sacral de Trump est défini, ce qui fait de lui un Manifesting Generateur. Et ce Sacral est, lui aussi, relié au Plexus Solaire, via le canal 6-59.

Donc chez lui, l’énergie émotionnelle ne passe pas par un seul canal mais par plusieurs.

Charte de Human Design de Donald Trump

Donald Trump est né dans Queens, NY, le 14 juin 1946 à 10:54 AM. Source: Astrotheme

Une autorité émotionnelle qui passe par l’expérience

Le canal 6-59 est lié à la sécurité émotionnelle et à l’intimité. Il influence la façon dont Trump entre en relation, et avec qui il choisit de créer.

Le canal 35-36, lui, est profondément lié à l’expérience. Il cherche à vivre, à tester, à ressentir, et à exprimer.

Dans cette dynamique-là, la retenue n’est pas naturelle. Parce que l’expérience est faite pour être vécue, puis racontée. Ou racontée pendant qu’elle est vécue. Ou racontée avant d’être vécue, dans tout son potentiel. Bref, l’histoire passionnée est une expérience en soi.

Les portes 36 et 6 (activées dans sa croix d’incarnation) renforcent cette tendance à apprendre par l’expérience directe. Donc la nature expérimentatrice de son profil 1/3 passe forcément par ces dynamiques.

De façon globale, sa charte compte 5 centres définis sur 9, comme celle de Carney.

Et, par nature, les centres non définis sont sensibles à l’environnement.

Donc les réactions de Trump peuvent varier selon le contexte dans lequel il évolue, l’environnement dans lequel il se trouve, les gens qui l’entourent.

En résumé :

Trump vit ses émotions à travers :

  • ses relations (sécurité émotionnelle ou non)
  • ses expériences (ce qu’il traverse et ce qu’il veut explorer)

Et quand une émotion monte, il est beaucoup porté à l’exprimer immédiatement. Parce que ça fait partie de sa mécanique.

La vérité n’existe pas dans le moment présent

Une des phrases que Ra Uru Hu répète continuellement en lien avec l’autorité émotionnelle, c’est que la vérité n’existe pas dans le présent.

Depuis que j’explore le Human Design, j’ai compris qu’essentiellement, les vagues émotionnelles camouflent les autres signaux que notre corps pourrait nous envoyer pour indiquer si une décision est juste ou non.

Attendre, ce n’est pas ne plus ressentir.

Ce qui change avec le temps, ce n’est pas la présence des vagues émotionnelles, mais la capacité à percevoir autre chose à travers elles.

Après un certain temps, une personne avec une autorité émotionnelle peut commencer à ressentir d’autres signaux dans son corps, même si la vague est encore là.

Ça demande de ne pas porter attention à la vague elle-même. Ni à ses sensations. Mais à laisser les autres signaux apparaître à travers.

Et ça, ça ne passe pas par le mental.

Deux façons de trouver la clarté

Si on revient aux vagues de Carney (canal 12-22) et de Trump (6-59 et 35-36), on voit rapidement que leur nature est très différente.

Carney a des vagues qui le poussent au retrait. À attendre. À ne pas vivre ses émotions publiquement.

Trump, à l’inverse, a des vagues qui cherchent à s’exprimer. Qui passent par la sécurité relationnelle, par l’expérience, et qui deviennent plus stables quand il se sent en sécurité émotionnellement.

Pour des leaders mondiaux, ça fait une différence énorme.

Face à des décisions qui impactent des millions de personnes, c’est naturellement plus facile pour Carney de rester pragmatique.

Pas parce qu’il est “meilleur”.

Mais parce que la nature même de ses vagues lui demande de ralentir, de se retirer, de laisser passer avant de parler.

Ça se voit dans sa posture publique.

Et ça ne limite pas pour autant sa créativité ou son individualité. Le canal 12-22 reste une énergie profondément individuelle, liée à l’expression.

Dans le cas de Trump, c’est différent.

Son intensité émotionnelle peut devenir une force dans un cadre personnel.

Mais à l’échelle de décisions collectives, cette même intensité demande un environnement qui soutient sa sécurité émotionnelle.

Ça explique en partie pourquoi il est très sélectif dans les gens qui l’entourent, et pourquoi il peut se retirer dans certains moments clés, en allant jouer au golf, par exemple.

D’autres éléments de son design amènent des nuances.

Mais dans son cas, la nature de sa vague émotionnelle peut à la fois :

  • créer du rassemblement grâce à son côté passionné
  • et rendre plus difficile la stabilité dans son rôle actuel

Leadership et autorité émotionnelle

Plusieurs leaders mondiaux actuels et passés ont une autorité émotionnelle et ce sera certainement le cas encore dans le futur étant donné la quantité d’humains ayant le Plexus Solaire défini.

Ceci dit, c’est important de se rendre à l’évidence que la nature de certaines vagues émotionnelles va grandement influencer l’expression de ces émotions et leur impact sur les paroles des leaders.

Pour créer un contexte de stabilité, le fait d’avoir un leader volatile comme Trump bénéficierait d’avoir une équipe de soutient pour tempérer le climat.

En s’entourant de sa cohorte de fans, ça peut lui apporter une grande sécurité émotionnelle et nourrir son confort, mais possiblement pas lui permettre de se sentir totalement en sécurité face à l’ensemble des nouvelles expériences qu’il est en train de vivre.

L’inconnu fait toujours peur, même au sommet.

Et, c’est important de le rappeler, cette mécanique-là ne s’arrête pas au leadership.

Elle se joue aussi dans tes relations à toi, parce que tu partages sûrement ton quotidien avec des personnes ayant une autorité émotionnelle (et c’est peut-être même ton cas). Prendre conscience que la mécanique elle-même n’est pas à changer donne une lecture tellement différente des situations réelles qui peuvent nous arriver.