Le parent hélicoptère doit prendre conscience de l'impact de son comportement sur le développement de son enfant. Tant sur l'autonomie de celui-ci que sur son autodétermination. Au bout du compte, un réflexe de protection et un besoin de contrôle de la part du parent peut avoir un effet à long terme sur la façon d'être de l'enfant face à ses défis. #parenthélicoptère #mèrehélicoptère #anxiété #autonomie #besoinsparticuliers #autodétermination #développementdelenfant #enfant #parent #famille
Famille

Mère hélicoptère, autonomie et autodétermination

Je suis une mère hélicoptère. Ça y est, c’est dit.

La naissance de mon deuxième fils à fait ressortir ce trait là en moi. J’ai tendance à le couver. Parfois trop.

Pourtant, je veux qu’il développe son plein potentiel. Je veux qu’il arrive à affirmer ses besoins, à être autonome, mais je fais encore trop de choses pour lui, même si je sais qu’il est capable.

Depuis qu’il est rentré en maternelle, je me rends compte à quel point il fait de fantastiques progrès. Ces progrès là ne seraient pas possible si on ne lui laissait pas un peu plus de « lousse » et qu’on ne lui offrait pas la possibilité de s’autodéterminer.

Qu’est-ce qu’un parent hélicoptère?

Le parent hélicoptère a tendance à protéger son enfant au point de nuire à son autonomie et au développement de sa confiance en lui. Il voit des dangers et des difficultés et veut les régler à la place de son enfant. L’idée derrière ce comportement est toujours d’aider, mais au final les effets peuvent être négatif.

Qu’est-ce que l’autodétermination?

C’est la possibilité de faire ses propres choix en ayant conscience de ses défis et de ses aptitudes.

Pourquoi c’est important?

Parce que l’enfant arrive à planifier, choisir ses actions et se réajuster au besoin quand il fait face à une situation difficile.

Plus l’enfant prend l’habitude jeune à mettre en place ce processus, plus il pourra le réinvestir dans son quotidien, dans son cheminement scolaire et dans sa vie d’adulte.

Comment je suis devenue une maman hélicoptère?

J’attribue ça à une réaction face au diagnostic de mon fils. Quand il est né, tout s’est bousculé. J’ai dû faire face à une situation à laquelle je n’étais pas du tout préparée (ni outillée). Je voulais le mieux pour lui, mais je ne me sentais pas accompagnée dans mon cheminement. J’ai donc rapidement voulu prendre les choses en main. En voulant aller trop vite, j’ai commencé à en faire trop. J’ai fait le travail de la travailleuse sociale, de l’éducatrice spécialisée, de l’orthophoniste, de l’ergothérapeute, … de tous les spécialistes en fait.

J’ai voulu l’aider, modeler les bons comportements, l’accompagner. J’en suis venue à tout faire pour lui et ne plus savoir quand m’en aller et lui laisser son autonomie.

Puis il y a les jours où on est pressés, fatigués…

Le matin quand vient le temps de préparer les trois garçons pour les déposer à l’école et à la garderie, mon anxiété prend souvent le dessus. « Il faut qu’on soit prêts pour 7h15! »

Je m’affaire solo à faire les lunchs, les déjeuners, répéter les consignes, préparer les sacs, répéter les consignes, m’assurer que tout le monde a mangé, répéter les consignes, m’assurer que tout le monde a des bas dans les pieds, … Mon chum est déjà au travail depuis belle lurette quand les enfants se préparent pour l’école. Moi je suis encore en pyjama, à m’assurer que tout le monde est prêt.

Donc quand mon deuxième fait des chichis en me demandant de l’aide pour manger ses céréales, des fois, je l’aide sans y penser. Ça arrive aussi que s’il s’obstine à ne pas vouloir mettre ses pantalons seul. Je lui dis de lever une jambe et l’autre et je les lui mets. Parce que le dead line est à 7 heures et quart et je n’ai pas encore bu une gorgée du café que je me suis versée à 6h02.

Quand je m’assois à écrire ces lignes, je prends bien conscience que je choisis la facilité. C’est beaucoup plus facile et beaucoup moins stressant de prendre le contrôle sur la vitesse à laquelle il s’habille et celle à laquelle il mange. Je n’ai pas de conflit à gérer si je l’aide. Je répète moins souvent. J’ai l’impression que ça roule. Parce qu’attendre, c’est pas mon fort.

Ce que je fais, exactement à ce moment-là, c’est que je limite ses chances de devenir autonome. Je ne l’aide pas non plus à s’autodéterminer.

Je le sais, tu le sais, on le sait. Il faut que je lâche prise là-dessus!

Une lame à double tranchant

Je me rends aussi compte que plus je le pousse, plus je lui répète les consignes, plus il prend son temps et a tendance à s’opposer, ce qui crée encore plus de stress. L’idéal est donc de rester le plus calme possible et lui laisser la place pour s’exprimer. Malheureusement, je n’ai pas l’intention qu’on se lève à 5h du matin pour aller à son rythme, il faudra donc trouver un compromis qui nous convienne à tous les deux.

Pour être moins stressée comme mère

Bien sûr, je pourrais dire qu’il faut que j’apprenne à lâcher prise. Je pourrais aussi énoncer le classique: « Il faut choisir ses batailles ». Mais au fond, pour arriver à respecter mon enfant, le guider vers l’autonomie et diminuer ma tendance à faire l’hélicoptère, le meilleur moyen est d’y aller par petits pas.

En commençant par lui faire confiance pour de petites choses. En progressant graduellement en évitant de faire trop de rappels.

Il est aussi important que j’arrive à le laisse en plein contrôle de son rythme, quitte à ce qu’on parte de la maison avec une toast à la main pour qu’il mange dans l’auto. Il faut que je priorise ce qui peut être fait à la maison et ce qui peut attendre dans la voiture.

Les pictogrammes peuvent faire un rappel pour moi. Nous en utilisons déjà, il faut simplement que je m’assure d’y faire référence plus régulièrement.

Un bon truc serait également de faire du renforcement positif quand toutes les étapes importantes sont réalisées dans un certain temps.

Tout ça toujours dans le but que son autonomie corresponde à ce qu’il est réellement capable de faire et non ce que moi je voudrais qu’il fasse dans le temps (parfois trop serré) que je lui accorde.

Avez-vous l’impression de laisser assez d’autonomie à vos enfants? Croyez-vous être un parent hélicoptère? Pourquoi?


À lire aussi:

Le parent hélicoptère doit prendre conscience de l'impact de son comportement sur le développement de son enfant. Tant sur l'autonomie de celui-ci que sur son autodétermination. Au bout du compte, un réflexe de protection et un besoin de contrôle de la part du parent peut avoir un effet à long terme sur la façon d'être de l'enfant face à ses défis. #parenthélicoptère #mèrehélicoptère #anxiété #autonomie #besoinsparticuliers #autodétermination #développementdelenfant #enfant #parent #famille

 

Karine Guy

Maman de trois jeunes garçon, Karine est la reine de la maison de sa famille atypique et parfaite. Écrire est pour elle un moyen de cheminer à travers la résilience et l’adaptation. Elle croit que de nommer les choses est un moyen puissant pour sensibiliser à la différence, mais aussi pour grandir.

«

»

2 commentaires

  • Mo

    Je ne connaissais pas du tout le terme mère hélicoptère. C’est pas toujours facile de lâcher prise face à nos enfants surtout si nous sommes nous même angoissés pour x ou y raisons, surtout qu’en lisant ton article, je vois que tu as rencontré des difficultés avec ton fils…

    Quoiqu’il en soit pour leur développement c’est une étape obligatoire. Ça s’appelle couper le cordon 🙂 Il n’y a pas de raison qu’avec plus de confiance en toi et en ton enfant cela finisse par se faire tout naturellement ! La confiance c’est réciproque. Bon courage

    • Karine
      Auteur

      Merci beaucoup de ton commentaire.

      En effet, « couper le cordon » est vraiment approprié.

      Je me dis qu’au moins, en en prenant conscience, j’ai déjà un bout de chemin de fait. Reste à mettre ça en pratique. 😉

      Belle journée à toi!

Qu'en avez-vous pensé?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.