sabbatique
Vie de maman

Je prends off

Le jour où j’ai décidé d’avoir un premier enfant, c’était clair, j’allais être la maman qui allait conjuguer boulot et maternité. Puis la vie m’a fait des surprises qui m’ont fait remettre en question ma façon de voir tout ça. Non, je ne mets pas une croix sur ma carrière, mais j’ai décidé que j’allais prendre mon temps pour retourner au travail. L’an prochain, je prends off!

Ça fait déjà quelques semaines que je l’ai annoncé à ma directrice et que j’ai envoyé la fameuse lettre qui mettait noir sur blanc ma décision de prolonger mon congé maternité d’une autre année. Même si c’était une décision murie, elle a été difficile à rendre officielle. La peur de me tromper m’habite toujours quand j’ai à remettre des documents signés. Et si c’était la pire erreur de ma vie?

Les contre

Je suis une enseignante de sciences au secondaire. Pour ceux et celles qui ne le savaient pas encore, voilà, c’est dit.

Quand j’ai choisi l’enseignement, c’est que j’aimais vraiment être en contact avec des humains et partager avec eux. J’ai toujours aimé expliquer et réexpliquer.

Je me rappelle que petite, je m’assoyais pendant des heures avec ma sœur pour lui apprendre de nouveaux mots. J’aime apprendre et retransmettre, vulgariser les informations à d’autres personnes. Ça fait partie de moi.

J’aime aider. J’aime discuter avec les gens, créer des liens. L’enseignement me permet ça.

J’aime aussi beaucoup mes collègues et ils me manquent. Je sais qu’en m’absentant, ça implique qu’un suppléant prenne mon poste et ça me perturbe un peu.

notebook

Je me sens fébrile quand je passe près d’un Bureau en Gros magasin de fournitures de bureau et entrer dans un Michaels magasin de matériel créatif me fait vraiment triper. J’aime ça fouiner dans les allées de crayons et post it, bon!

J’ai l’impression de mettre derrière moi une grosse part de ce qui me permet de m’accomplir comme personne et ça me fait un peu peur. Aussi le fait de devenir dépendante financièrement de mon conjoint. Depuis que je suis adulte, j’ai toujours eu une autonomie financière. C’est difficile à 40 ans de m’imaginer demander de l’argent pour aller à l’épicerie ou acheter des vêtements. Bref, c’est un mindset vraiment différent qui s’annonce.

Les pour

Les enfants

Ça va me donner du temps pour gérer les dossiers de mes enfants.

Je prévois mettre beaucoup d’énergie pour que mes cocos aient le meilleur pour développer leur plein potentiel. Pour ça, je devrai mettre du temps et de l’énergie à faire des trucs avec eux à la maison, mais aussi à investir du temps pour m’assurer que leurs besoins sont comblés à l’école et à la garderie. Cet aspect-là est vraiment important!

Même si je suis enseignante, le primaire est très différent du secondaire et je dois garder en tête que chaque école est un micro-univers bien distinct. J’aurai donc à travailler de pair avec l’école où mon grand va présentement et évaluer si ses besoins sont répondus. Ça, ça veut dire beaucoup d’énergie pour une maman anxieuse. Beaucoup de tourbillons d’émotions, beaucoup de questions. Je me vois mal faire ça en travaillant et ça pesait vraiment très lourd dans la balance.

gardening

Mon mari

Mon mari ne travaillera pas moins. Présentement, il est entre deux contrats. Ça implique qu’il a des réunions téléphoniques et quelques petits trucs à faire pour le travail ici et là. Mais il est quand même à la maison. Quand le prochain contrat va commencer, on n’a aucune idée d’où il va aller. C’est une incertitude qui nous tiraille déjà. Je sais à quel point c’est difficile pour les enfants quand il quitte sur une base régulière et j’appréhende beaucoup son prochain départ, après 2 mois de présence continue. L’anxiété va être très élevée pour tout le monde, je le sens.

Et moi

J’ai besoin de temps pour moi. À travers tous ces défis de gestion de maison et d’enfants et de plans d’intervention (ou de pas de plan d’intervention), à travers ce tourbillon, il y a moi. Je dois vraiment me refaire une santé. Pas juste une santé physique, mais une santé mentale. Je dois explorer ce qui me rend heureuse et voir combien je suis prête à m’investir là-dedans. Mais pas juste ça, je dois aussi voir si c’est compatible avec ma famille, trouver un équilibre.

Je le sais que quand j’enseigne, j’y investi tout mon cœur. Ça me prend beaucoup d’énergie parce que je donne tout ce que j’ai. Est-ce que je suis assez forte présentement pour retourner enseigner? Je ne crois pas. La dernière fois que j’ai enseigné, j’étais complètement vidée après quelques mois. Je dois me recharger avant de pouvoir recommencer à travailler à l’extérieur.

Au bilan

C’est évident que les arguments pour ont plus de poids dans la balance. L’essentiel de ce qui est à retenir je crois, c’est qu’à travers cette prolongation de congé maternité, je devrai faire le point tant sur les besoins de mes enfants que sur les miens. Je devrai prendre le temps de me reconstruire, oui, mais je devrai explorer des avenues qui me font du bien pour m’aider au quotidien.

Je ne veux pas retourner au travail et m’épuiser dès les premiers mois. Les besoins de mes enfants seront toujours là, l’emploi demandant de mon mari aussi. Il faut donc que je trouve les ressources nécessaires pour arriver à faire entrer ma carrière à moi là-dedans. Cette exploration là, je devrai la faire en ne travaillant pas, pour éviter l’épuisement. C’est étrange, mais c’est le choix qui s’offre à moi présentement.

wishlist

Ce que je prévois

Pour me retrouver, j’ai déjà prévu plusieurs choses. L’exercice et l’écriture en font déjà partie. Je sais déjà à quel point ça me fait du bien.

La maison a besoin d’un petit coup de pouce pour avoir l’air habitée par une famille et pas seulement par des enfants. Je veux me charger de mettre de l’ordre là-dedans pour qu’on y trouve tous notre compte.

Je veux aussi trouver le moyen d’aider et de supporter des gens. La forme exacte que ça va prendre n’est pas encore déterminée, mais il faut que ça convienne à mon horaire et à mon niveau d’énergie. Je dois me respecter pour y arriver.

J’ai quelques projets stimulants en tête, dont je vous parlerai en tant et lieu. Mais en attendant, je compte bien poursuivre le blogue, vu le bien qu’il me fait. Il va de soi que les autres plateformes liées au blogue continueront également. C’est un tout. Une plateforme ne va pas sans l’autre, même si elles sont très différentes l’une de l’autre.

J’espère que vous m’accompagnerez dans ces défis. J’ai bien hâte de voir où ces histoires vont m’apporter.

Et vous? Avez-vous déjà pris une sabbatique pour vous recentrer? Ou pour soutenir vos enfants dans leurs défi? Qu’est-ce qui a guidé votre décision?

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