rêves
Vie de maman

Qu’est-ce que tu fais de tes rêves?

J’ai toujours été une fille plutôt « raisonnable ». J’ai pris beaucoup de décisions réfléchies dans ma vie, en pensant aux autres avant de penser à moi. Quand quelqu’un me demandait quelles étaient mes passions ou mes rêves, j’avais beaucoup de difficulté à répondre. J’ai bien vécu quelques trucs sortant un peu de l’ordinaire, mais même à l’âge adulte, je me suis souvent mise de côté.

Avoir des enfants n’a pas fait en sorte que je me connaisse mieux, du moins, pas tout de suite. Je suis entrée dans une routine et je me suis beaucoup oubliée. Et un jour j’ai finalement appris à me connaître. Il n’était pas trop tôt! J’ai finalement commencé à entrevoir des bribes de ce que pourrait ressembler à mon idéal.

Je ne dis pas que les 40 premières années de ma vie ont été malheureuses, loin de là. J’avais du plaisir en accordant du temps aux autres, mais moi, j’étais incapable de reconnaitre ce que je voulais vraiment. Alors que maintenant, ça me semble possible.

Un rêve peut-il devenir réalité?

Je crois que de poser la question c’est d’y répondre. Rêve et réalité peuvent coexister. En fait, on peut faire de ses rêves un but et c’est le début du chemin pour les transformer en réalité.

Pour moi, la plus grande difficulté a été d’établir quel était mon rêve. J’ai tellement cherché ce qui me faisait assez vibrer pour consacrer l’énergie qu’il fallait pour avancer. J’avais l’impression de faire du surplace. Accepter le statu quo par défaut. J’étais inconfortable, mais trop insécure pour me lancer.

Des opportunités et des questions

Ma vie a été plutôt linéaire. J’ai eu une enfance heureuse, mes deux parents s’aimaient. J’étais bonne à l’école. Mon cheminement scolaire s’est plutôt bien passé. J’ai choisi d’aller en sciences parce que j’aimais ça et que mes notes me le permettaient. Mon père est décédé pendant mon cégep et mes notes en ont souffert, j’ai vécu mon premier échec à ce moment-là, j’ai donc dû faire un cours d’été en maths.

L’âge adulte

Je suis allée à l’université en enseignement des sciences, un parcours de 4 ans que j’ai terminé en 4 ans comme prévu. En sortant de l’université, j’ai décroché un contrat à Toronto. Ça a été le début d’un changement. Je me suis éloignée de ma famille et j’ai commencé à vivre ma propre vie. J’avais 23 ans. J’ai enseigné là-bas deux ans. J’aimais la ville et les opportunités qu’elle m’apportait, mais pas le fait de devoir habiter avec d’autres gens. Je suis introvertie. J’avais besoin d’un endroit à moi, une antre. Alors je me suis écoutée et je suis partie vers un endroit qui ressemblait à une ville et qui me permettait de vivre seule: Montréal!

Le décrochage

Cette année-là, j’ai décidé de décrocher de l’enseignement. J’avais besoin d’une pause dans mon parcours. Je n’avais jamais vraiment fait de détour sur le chemin qui était tracé pour moi. C’était ma chance. J’ai donc commencé à travailler dans un café. Rien de bien extraordinaire, mais ça me permettait d’avoir une liberté que je n’avais jamais ressentie.

Quelques mois plus tard, j’ai rencontré un gars qui est maintenant mon époux. Il était à l’université et ça m’a donné le goût de retourner étudier moi aussi. J’ai donc décidé de poursuivre des cours en biologie, parce que c’est ce qui me faisait le plus vibrer. J’ai tenté de commencer une maitrise en comportement animal, mais les subventions n’étaient pas suffisante pour que le professeur que j’avais approchée prenne une autre étudiante avec elle. Je n’ai pas eu l’énergie de faire d’autres démarches, l’enseignement me manquait après 3 ans de pause, j’ai donc saisi une occasion qui s’est présentée et je suis allée enseigner pour la première fois à Montréal.

Le retour

Suite à ce retour à l’enseignement, je me suis bien demandé quelques fois quelles étaient réellement mes aspirations. Je me suis posée la question à savoir si enseigner était ce que je voulais faire toute ma vie. Et je n’ai jamais été réellement capable de répondre à cette question. Ni pour moi, ni pour les autres. Une chose est sûre c’est que j’aime ça, mais est-ce que c’est ce que je veux faire jusqu’à ma retraite? Est-ce mon rêve?

Quels sont les obstacles aux rêves?

Nous sommes notre propre obstacle. En fait, le chemin peut être tortueux avant d’atteindre notre objectif ultime. Il faut être prêt à mettre l’effort pour y arriver. Mais si on ne perd pas notre rêve de vue, il est possible d’y parvenir. Toutefois, il faut être ouvert. On peut se rendre compte en cours de route que le rêve est en train de se transformer, de se préciser et il ne faut pas en avoir peur.

Le plus difficile lorsqu’on veut atteindre notre but, c’est de se mettre en marche, de faire ce premier pas dans l’inconnu et commencer à se mettre en mouvement. En science, on parle d’inertie. L’inertie ne veut pas toujours dire qu’on est immobile ou qu’on ne fait rien. Ça peut aussi signifier qu’on est déjà en mouvement dans une mauvaise direction. Il faut donc vaincre cette inertie, exercer une force et se réorienter vers notre objectif.

Est-ce que les enfants sont un obstacle aux rêves?

Je connais des mamans qui ont complètement réorienté leur carrière, recommencé des études, changé leur vie à 180 degrés après avoir eu des enfants. Alors ils ne sont certainement pas un obstacle.

Pour ma part, je dirais plutôt qu’ils sont un catalyseur. Mes enfants m’ont permis de prendre une temps d’arrêt, de mieux me connaître et de réaliser ce que j’aimais réellement. Les enfants sont des sources intarissables de créativité. Ils nous aident à nous réinventer à nous recréer. Ils stimulent l’imaginaire. Et ce n’est pas parce qu’ils nous font manquer de sommeil. Je dois constamment être à l’affut de nouvelles ressources, trouver de nouvelles solutions à de nouveaux défis, mon cerveau est en ébullition!

S’aimer pour mieux aimer

Une chose que j’ai réalisée aussi en ayant des enfants, c’est que je ne pouvais pas être une aussi bonne mère pour eux si je ne m’accomplissais pas au quotidien. Je me suis rendue compte que si je m’oubliais trop longtemps, je devenais impatiente et désagréable. Certains jours, je m’insupporte moi-même, c’est tout dire!

Pour être une bonne maman, je dois prendre soin de moi, je dois me réaliser dans quelque chose de concret qui me permet de me sentir bien. Il y a plusieurs choses que je peux faire pour être heureuse. J’ai essayé des dizaines et des dizaines de trucs allant du mindfulness à l’exercice en passant par la psychothérapie. À travers mon cheminement, j’ai réalisé qu’aider les gens était ce qui me faisait vibrer le plus. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce qui faisait en sorte que je m’oubliais dans le passé est devenu mon but, mon rêve. Je commence à apprécier d’avantage le chemin et j’en oublie un peu la destination. Je suis en paix avec ce trajet qui est le mien maintenant. Je peux donc continuer à marcher et m’aimer pour ce que je suis, tout en étant là pour les autres.

Et toi? Qu’est-ce que tu fais de tes rêves? Tu les poursuis ou tu les laisses te guider?

* Les visuels sont tirés de mon compte Instagram.

Karine Guy

Maman de trois jeunes garçon, Karine est la reine de la maison de sa famille atypique et parfaite. Écrire est pour elle un moyen de cheminer à travers la résilience et l’adaptation. Elle croit que de nommer les choses est un moyen puissant pour sensibiliser à la différence, mais aussi pour grandir.

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2 commentaires

  • Caroline Tremblay

    J’adore!! Ton texte m’a fait réfléchir… Je suis d’accord avec toi que les enfants sont des catalyseurs vers le changement. Merci pour ton partage

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