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Anxiété

Quand l’anxiété s’invite au zoo

Comme mère d’enfants différents, quand je me prépare pour une sortie hors de l’ordinaire, je dois avoir plusieurs choses en tête si je veux m’assurer que tout se passe bien. Particulièrement avec mon grand, qui fait de l’anxiété.

Récemment, j’ai eu la chance d’aller au Zoo de Granby en tant que collaboratrice de Mamanbooh. Ça a été une merveilleuse expérience qu’il a fallu planifier correctement, d’autant plus que c’était notre première visite.

Notre grand anxieux

Mon grand est anxieux. Il a aussi des sensibilités aux sons et aux textures. Les saveurs peuvent aussi être des sources de désagrément pour lui, plus que pour la moyenne des gens.

Ce que quelqu’un va simplement trouver désagréable ou irritant, il peut trouver ça totalement inconfortable, voire intolérable. Quand on passe un certain stade d’inconfort, il est sujet à faire des crises incontrôlables. C’est particulier de voir un enfant de 6 ans en pleurs, criant et ayant peine à respirer parce qu’il s’est fait une éraflure ou qu’il ne veut pas manger de brocoli, mais ça arrive avec mon enfant. Ce n’est pas non plus une simple façon à lui de gagner sur nous, c’est vraiment un désagrément tellement grand pour lui, qu’il ne sait plus comment réagir, il fait donc une crise.

Au moment où ça survient, on ne peut pas s’attendre à ce qu’il se calme en quelques secondes simplement en lui disant que tout est correct. C’est une grosse explosion d’émotions et c’est long avant que ça se calme complètement. Il faut intervenir rapidement, mais correctement si on veut éviter que ça se prolonge trop longtemps.

À certains moments, on oublie presque ces sensibilités, mais dans des lieux où il y a beaucoup de stimulation, ça arrive plus souvent.

C’est pour ça qu’on ne va pas faire une sortie au zoo sur un coup de tête. Il faut bien le préparer avant.

Préparation

On commence par essayer de prévenir les surplus d’émotions. La meilleure façon de le faire est en se préparant. On annonce donc la sortie assez longtemps d’avance. On regarde ensemble ce qui pourrait arriver au cours de la visite. Et on essaie de prévoir des solutions possibles, toujours avec lui.

Les dinosaures

Pour le Zoo de Granby, j’étais particulièrement inquiète des dinosaures. Même s’il est très intéressé par eux, leur taille, le fait qu’ils bougent et leurs cris étaient toutes des choses qui me faisaient redouter la section du Dinozoo. Je lui ai donc expliqué ce qui l’attendait. Contrairement à mes craintes, il semblait assez excité par l’expérience et je ne sentais aucune nervosité par rapport à cette aventure. Ça m’a rassurée, mais j’avais quand même certaines appréhensions à l’idée qu’il puisse sursauter en voyant les premiers dinosaures bouger.

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Les autres animaux

Même si les autres animaux m’inquiétaient peu, j’ai voulu m’assurer qu’il savait ce qui l’attendait. On a donc survolé ensemble le site web du zoo pour voir quels animaux on pouvait croiser sur les sentiers. Comme il a plusieurs livres encyclopédiques de la nature (par exemple « Mon grand livre de l’océan » de National Geographic Kids), il a regardé bien attentivement les caractéristiques de ceux qu’on pouvait rencontrer au zoo pour se préparer. Quand on est arrivé sur la cacatoès des Moluques, je l’ai senti très nerveux.

Exemple du cacatoès

Il y a environ un an, nous étions allé dans une animalerie. Il y avait toute une section remplie d’oiseaux de toutes sortes. Quand on est passé près des perroquets, un cacatoès rose a crié. Il n’en a pas fallu plus pour que mon fils se mette à pleurer et à crier à son tour. Ça a été une grosse crise à gérer cette fois-là. D’autant plus qu’on devait absolument repasser devant le cacatoès pour sortir du magasin. Il tremblait et se cachait derrière moi. Ce n’était vraiment pas un belle expérience pour lui. Et ces souvenirs étaient bien ancrés.

Dès qu’il a su qu’il y avait un cacatoès rose au zoo, il m’a tout de suite dit qu’il ne voulait pas le voir. La première solution est venue de lui. Il m’a demandé si le zoo de Granby avait des cartes comme le zoo Ecomuseum qu’on va visiter souvent. Pour lui, le meilleur moyen de ne pas faire de crise était d’éviter le cacatoès. L’évitement est souvent le moyen utilisé par les enfants dans les situations vraiment anxiogènes. Il s’est donc fait tout un plan dans sa tête pour qu’on puisse prévoir un trajet évitant l’oiseau. Des détours, des évitements, des sections complètes à ne pas visiter, il parait à toutes les éventualités, comme un joueur d’échec.

C’est donc la première chose que j’ai demandée à notre arrivée au zoo: une carte!

Comme les plans ne sont pas toujours infaillibles, notre bonhomme a eu beaucoup de plaisir avec les dinosaures et nous n’avons pas pu éviter le cacatoès. Toutefois, quand il l’a vu, il s’est caché derrière moi (je servais d’écran entre les deux) et l’oiseau n’a pas crié. Il est ensuite retourné le voir à deux reprises seul, par lui-même, sans qu’on lui demande. Comme le cacatoès restait très calme, il était de plus en plus confiant en allant l’observer. J’étais vraiment très fière de lui et j’ai essayé de mettre de l’emphase sur cette expérience positive pour la prochaine fois.

Une surprise qui n’avait pas été planifiée est une activité où on pouvait nourrir et toucher des raies. Notre coco a des sensibilités tactiles également et l’idée d’approcher les raies et de les toucher était vraiment très loin de sa zone de confort. Je lui ai proposé l’activité, sans insister. Il a refusé et je ne lui ai pas demandé une nouvelle fois. Ce n’était pas nécessaire. Ça l’aurait mis sur ses gardes et ça aurait brisé l’ambiance détendue de la journée.

tortue

Respecter le rythme de l’enfant

Sans cette préparation, sans le temps que nous avons pris à la maison, je crois que ça aurait été beaucoup plus difficile pour lui. Le fait qu’on le laisse aller à son rythme, qu’on le respecte, ça l’a aidé à apprivoiser sa peur. Bien sûr, si l’oiseau avait crié, l’expérience aurait sûrement été très différente.

Faire des compromis

Tout au long de la visite, notre grand a fait preuve de beaucoup d’autocontrôle. D’un œil extérieur, ce n’était probablement pas aussi évident, mais de notre côté, on l’a trouvé vraiment très bon avec les consignes et les demandes (il a tendance à demander 1000 fois la même chose pour tester nos limites).

Il avait donc en tête d’aller faire un tour de train. Le guichet où on devait acheter des billets était fermé, tout le monde était fatigué, et mon mari a dit que c’était trop compliqué, qu’on le ferait la prochaine fois qu’on visiterait le zoo.

Il n’en fallait pas plus. Tout ce que notre bonhomme emmagasinait depuis le début de la journée, tous ses stress, toute sa fatigue sont sortis d’un coup. Il fallait trouver une solution rapide. Je l’ai pris dans mes bras et je l’ai serré sur mon cœur en essayant d’ajuster ma respiration à la sienne. Il s’est calmé doucement pendant que mon mari essayait de trouver un autre guichet où ils vendaient des billets.

Ça aurait été facile de condamner la crise, qui était beaucoup plus grosse que nécessaire dans les circonstances. Mais nous savions qu’il avait passé toute la journée à surmonter des craintes, à contrôler son rythme, à prendre des respirations par lui-même quand il se sentait trop anxieux. Il avait fait beaucoup d’efforts.

La journée s’est donc terminée par le tour de train tant attendu. Nous avons ensuite quitté et les enfants se sont endormi en quelques minutes dans l’auto.

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En conclusion

Préparer une aventure avec des enfants à besoins particuliers peut prendre plus de temps, mais en faisant cette préparation, ça évite certains désagrément par la suite. Des solutions sont déjà sur la table avant de quitter, tout le monde sait à quoi s’en tenir. Et nous sommes rendus plus compréhensifs face à l’anxiété de notre coco, ce qui nous permet aussi de mieux réagir dans les cas où nous n’avions pas tout prévu.

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Karine Guy

Maman de trois jeunes garçon, Karine est la reine de la maison de sa famille atypique et parfaite. Écrire est pour elle un moyen de cheminer à travers la résilience et l’adaptation. Elle croit que de nommer les choses est un moyen puissant pour sensibiliser à la différence, mais aussi pour grandir.

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