Covid-19 Quand on en parle, on parle beaucoup de la maladie en tant que telle, mais les parents, les familles, ça affecte toutes les sphères de la vie. #covid #covid19 #transformation #aide #prendresoindesoi #secouter
Billet d'humeur

S’éteindre au temps de la Covid-19

« 2020 n’est pas prête! » covid

Ça c’était moi en décembre 2019. Je me sentais pleine d’énergie. J’avais des projets plein la tête. La créativité me sortait par les oreilles.

2 juin 2020.

Je me regarde dans le miroir et je me trouve grise. Pas mes cheveux, mais ma peau. Je suis terne. Mes yeux sont fades, comme éteints. Au fond de moi, ce n’est pas une petite flamme que je vois, c’est une boule d’émotions prête à exploser.

Ce n’était pas tant 2020 qui n’était pas prête finalement. L’Univers m’a rappelé encore une fois que ce n’était pas moi qui avais le contrôle, mais lui. Le feu brule ailleurs présentement, et c’est beaucoup plus grand que moi.

Feeling de mars

Je me rappelle en mars, quand le Premier Ministre a annoncé que les écoles et les garderies fermaient, je me suis sentie prête à affronter ça. Un confinement en famille.

Aussi étrange que ça puisse paraitre, j’avais le goût de foncer là-dedans avec ma gang et j’étais vraiment motivée à faire des choses pour tout le monde.

C’est sûr qu’à travers ça, je m’oubliais. Je n’avais plus le temps d’écrire ou faire ce qui m’apportait de la joie à moi, trop occupée à prendre soin des autres et à profiter de cette belle opportunité de créer un lien spécial avec mes enfants.

Avec le recul, je réagissais exactement de la même façon que j’ai toujours réagit face aux défis : de front, dans l’action. Foncer sans prendre aucun recul.

En avril, j’ai frappé un mur! Vraiment fort! covid

Toi? En mars? Tu feelais comment?

Feeling d’avril

Le gouvernement annonçait le retour à l’école au début du mois de mai. Il fallait décider si les enfants retournaient ou non puisque c’était optionnel.

C’est une décision qui aurait peut-être dû être prise en couple, mais ce n’est pas comme ça que ça s’est passé chez nous.

J’assume ça complètement. C’est notre vie.

Mais n’en demeure pas moins que c’est une décision qui m’a complètement vidée. Toute l’énergie que j’avais avant ça s’est envolée.

Je faisais face à deux alternatives aussi difficiles à vivre l’une que l’autre. Face à ça, j’étais désarçonnée.

Pour certains, la décision était claire, tant pour le retour que pour le non retour de leur enfant à l’école, mais ce n’était pas mon cas. D’où l’importance que j’accordais au fait de faire un choix informé. Et d’où toute l’énergie que j’y ai consacrée.

Quelques jours plus tard, je regardais les choses aller et j’ai fais également le choix de renoncer à l’enseignement. Au cours de cette prise de décision, j’ai discuté avec mon chum. On en avait parlé souvent vues nos réalités familiales. Je ne savais pas comment j’allais conjuguer notre vie à un retour devant la classe, mais la Covid, ça a été le point de non-retour, la cerise sur le sundae. Les forces n’étaient pas là pour naviguer un retour dans ces conditions.

Avril a donc été un mois rempli de décisions importantes, déchirantes, émotives et lourdes de conséquences.

Je réalisais que je n’écrivais plus, pas juste par manque de temps, mais par manque de « moi ». L’énergie n’était plus disponible pour m’asseoir et écrire. L’inspiration était éteinte. Je n’étais plus moi-même.

Épuisée, j’ai appelé à l’aide.

Être privilégiée, c’est parfois être tellement loin d’une réalité qu’on ne voit pas qu’elle existe. C’est dire : « si moi je peux, tout le monde peut » sans même s’imaginer à quel point l’autre peut s’en sentir diminuée.

Feeling de mai

Après plusieurs semaines à nommer à la TES du centre de réadaptation notre besoin de répit, je l’ai relancée pour savoir si c’était possible de nous offrir quelque chose en urgence. Même si l’école devait commencer imminemment, mon épuisement était insoutenable. Quelques jours plus tard, j’avais la confirmation que quelqu’un viendrait nous aider quelques heures par semaine.

Il ne faut pas oublier que dans notre réalité familiale, il y a deux enfants ayant des besoins particuliers aux extrêmes du spectre de besoins de stimulation et les nuits sont entrecoupées de réveils d’un ou l’autre de ces héritiers. En plus, mon conjoint travaille à l’extérieur de la ville. Il quitte donc le lundi matin avant qu’on se lève pour revenir en début de soirée le vendredi. Solo maman à temps plein, je n’ai pas assez d’heures dans le weekend pour préparer la semaine et me reposer. C’est un ou l’autre. Mais à choisir entre faire l’épicerie et dormir, souvent, je choisis de faire l’épicerie. C’est de même.

Comme on a une TS au CLSC, et vue la façon dont je me sentais, j’ai aussi pris contact avec elle pour relancer la demande de service en aide psychologique. À ce moment-là, je craignais de vivre un burnout parental. Tous les indices pointaient vers un épuisement majeur. J’étais inquiète.

Comme mon nom avait déjà été mis sur une liste d’attente depuis un certain temps, elle a fait des démarches pour accélérer les choses.

As-tu pris le temps de réajuster ta façon de faire pour que ce soit plus doux?

Feeling de juin

Si tu me suis sur mes réseaux sociaux, tu le sais que mon mini est retourné à la garderie (finalement) et que la ressource de répit est entrée dans notre vie.

Ceci dit, j’attends toujours des nouvelles des services en psy. Entre toi, moi et les autres, si tu as déjà fait un burnout ou vécu avec de l’anxiété, tu sais à quel point c’est lourd de relancer les gens. Juste ça, je trouve ça tellement lourd.

Quand je repense à la moi de mars, je trouve qu’elle avait une vision très privilégiée de la situation de la Covid. C’est une situation tellement grande, exigeante, lourde, demandante…

Tranquillement, à petits pas, grâce aux ressources qui se mettent en place, grâce à la garderie, grâce au dialogue avec mon chum, grâce au réseaux sociaux, à l’écriture, à la vulnérabilité que je me permets, je vais me relever, comme je me suis toujours relevée.

En attendant, je me sens encore éteinte.

Mais moins qu’hier, vu que déjà, écrire est quelque chose que je n’arrivais plus à faire.

Et toi? Comment tu te sens? Est-ce que la situation actuelle t’éteint ou te propulse? Comment ça se passe?

Covid


Ressources pertinentes en lien avec la situation Covid-19 au Québec:

Covid-19 Quand on en parle, on parle beaucoup de la maladie en tant que telle, mais les parents, les familles, ça affecte toutes les sphères de la vie. #covid #covid19 #transformation #aide #prendresoindesoi #secouter

 

Karine Guy

Maman de trois jeunes garçon, Karine est la reine de la maison de sa famille atypique et parfaite. Écrire est pour elle un moyen de cheminer à travers la résilience et l’adaptation. Elle croit que de nommer les choses est un moyen puissant pour sensibiliser à la différence, mais aussi pour grandir.

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2 commentaires

  • Coura

    Bonjour Karine

    D’abord je t’envoie pleines d’ondes et de pensées positives. Merci pour cet article, je pense que la pandémie du covid 19 à bouleversé pas mal de choses dans nos quotidien. Le metier de maman est tellement beau mais tellement prenant qu’on s’oublie facilement. L’énergie n’est pas là mais elle reviendra de plus belle car la force intérieure est plus forte que tout. En attendant profite de toi et de la belle personne que tu es. Demain est un autre jour

    • Karine
      Auteur

      Merci beaucoup à toi.

      Je t’envoie plein de douceur. ✨

      Tes mots sont remplis de bienveillance. Prends soin de toi.

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